UNE BANDE BUS INTERDITE AUX CYCLISTES A WOLUWE-SAINT-LAMBERT

PARLEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE

Bulletin des interpellations et des questions orales - Commission de l'infrastructure, chargée des travaux publics et des communications

RÉUNION DU MERCREDI 23 MARS 2005

QUESTION ORALE DE MME DANIELLE CARON À M. PASCAL SMET, MINISTRE DU GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE, CHARGÉ DE LA MOBILITÉ ET DES TRAVAUX PUBLICS, CONCERNANT "UNE BANDE BUS INTERDITE AUX CYCLISTES A WOLUWE-SAINT-LAMBERT".

M. le président.- La parole est à Mme Caron.

Mme Danielle Caron.- A Woluwe-saint-lambert, sur une perpendiculaire à l'itinéraire cyclable régional n° 13 - la rue Jacques Brel -, une bande bus est interdite aux cyclistes. Or, tout le monde s'accorde à dire qu'il n'y a aucune raison d'en interdire l'accès aux cyclistes, si ce n'est la règle du Code du gestionnaire qui souligne que seules les bandes bus d'au moins 3,50 mètres de largeur peuvent être ouvertes aux cyclistes. On rencontre le même problème au centre-ville et en d'autres endroits de Woluwe-Saint-Lambert, comme l'avenue Marcel Thiry ou devant l'école Saint-Jeanne-de-Chantal.Cette règle n'a aucun fondement. Certes, des conditions locales peuvent exister et interdire la circulation des cyclistes dans une bande bus de moins de 3,50 mètres, par exemple en présence d'une forte montée qui ralentit sérieusement les cyclistes sur une grande distance, combinée à un trafic intense de bus. Cependant, cela ne justifie pas l'interdiction des cyclistes dans toute bande bus mesurant moins de 3,50 mètres. Dans notre cas d'espèce, le tronçon en question est assez court avec une forte descente. Les cyclistes peuvent rouler sensiblement à la même vitesse que les bus. Ceux-ci doivent de toute façon faire halte à un arrêt juste avant la fin de la bande, puis attendre le changement des feux. Les cyclistes ne posent aucun problème mais sont contraints de faire un grand détour par une rue beaucoup plus dangereuse. L'administration régionale réfléchit même à un aménagement coûteux, rendu nécessaire par cette interdiction aux cyclistes. L'idéal est bien évidemment de parvenir à concilier les lignes de bus et la mobilité des cyclistes. Compte tenu de ce rapport bus/cyclistes, puis-je demander au ministre s'il existe une solution afin d'exploiter au mieux cette situation avant d'entreprendre des travaux coûteux, d'autant plus que le cyclisme s'est particulièrement développé au cours des dernières années et que de nombreuses voies ont été créées pour le plus grand bonheur des adeptes de ce moyen de transport ? Peut-il envisager la suppression de cette règle qui me semble obsolète ?

M. le président.- La parole est à M. Smet.

M. Pascal Smet, ministre.- Mme Caron, votre question rejoint mes préoccupations Je voudrais me référer à la page 64 de mon plan vélo, que nous discuterons tout à l'heure. Il y est littéralement écrit : "au niveau fédéral, introduction de nouvelles possibilités pour les cyclistes dans le code de la route : faire réviser la législation relative à la largeur des bandes réservées aux bus, de sorte que les cyclistes puissent les emprunter plus facilement". Cela signifie donc que je suis d'accord avec vous. J'ai écrit récemment au ministre Landuyt pour que la largeur de 3,50 m soit supprimée des articles 12.5 et 12.5 bis de l'arrêté ministériel du 11 octobre 1976 fixant les dimensions minimales et les conditions particulières d’installation de la signalisation routière. En effet, je pense que c'est au gestionnaire de voirie a prévoir un bon aménagement, tout en sachant que la solution retenue dépendra aussi très fort de la configuration des lieux. La largeur minimale de 3,50 mètres, requise pour une bande bus afin que les cyclistes soient autorisés à y circuler, a peu de sens. Cette largeur n'est pas suffisante pour qu'un bus puisse doubler un cycliste en toute sécurité. Il faut pour cela une largeur de 4,50 mètres minimum, ce qui, en milieu urbain, est presque impossible. Les ingénieurs de la STIB estiment également que la largeur minimale est superflue, sans qu'ils ne remettent pour autant en question l'autorisation pour les cyclistes de circuler sur la bande bus. Par ailleurs, ils ont attiré mon attention sur le fait qu'il y a très peu de conflits entre bus et cyclistes et que les bus sont très rarement ralentis par des cyclistes circulant sur la bande bus. Désormais, lors de la création de nouvelles bandes bus en site propre, on tiendra compte, dans la mesure du possible, de la suppression possible de la largeur minimale. C'est ce qui a été fait lors du réaménagement de la rue Fossé aux Loups et la rue de l'Ecuyer, dans le centre de Bruxelles. Une fois l'arrêté ministériel modifié, il sera possible de rendre la bande bus de ces rues accessibles aux cyclistes sans que cela n'occasionne de lourds travaux. Dans une phase suivante, toutes les bandes bus existantes seront adaptées si nécessaire. A l'avenir, je voudrais aussi ouvrir les bandes bus aux taxis.

M. le président.- La parole est à Mme Caron.

Mme Danielle Caron.- Quand la lettre a-t-elle été envoyée au ministre du fédéral ? Avez-vous reçu une réponse ? Etant donné la longueur des travaux parlementaires, avez-vous eu des contacts avec le ministre du fédéral depuis l'envoi de cette lettre, pour qu'on puisse envisager un délai relativement raisonnable ? Cela ne concerne pas uniquement l'avenue Jacques Brel, mais aussi d'autres voiries à Woluwé-Saint- Lambert, dont l'avenue Marcel Thiry, où toute une bande réservée aux bus pourrait servir aux cyclistes.

M. Pascal Smet, ministre.- Je vois mon collègue Landuyt deux fois par semaine. J'en ai parlé avec lui il y a quelques semaines. Je lui ai rappelé cette question dans une lettre datée d'hier et à laquelle je n'ai pas encore reçu de réponse. Il s'agit d'un arrêté ministériel et non d'une modification de la loi. Le ministre doit demander l'avis des Régions, mais cela pourrait aller relativement vite.

- L'incident est clos.